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Un Dîner avec l'Inexistant

 
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Nusenism
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Messages: 297
Localisation: Vous savez, je bouge tout le temps!
Masculin

MessagePosté le: Dim 21 Sep - 16:25 (2008)    Sujet du message: Un Dîner avec l'Inexistant Répondre en citant

Un Dîner avec l’Inexistant


L’homme sortait de son boulot. La veste bien ajustée, le sac de cuir impeccable, tenu d’une poigne dont la raideur n’avait d’égale que celle du balai dans son postérieur.
L’homme était français. Et il ne croyait en rien. D’ailleurs, comment savait-il qu’il était français de ce fait ?
Les mœurs furent tels qu’il hérita d’un surnom : Frenchman Jikroapas ! On lui a dit, mais il ne nous a pas cru.
Son balai bien coincé et toujours plus raide, il continua à marcher sans s’en soucier, une grimace coincée sur son visage.
Il croisa quelques mendiants, mais ne leur donna rien : comme s’il allait croire que c’était des vrais pauvres ! Franchement quoi !
Il fouilla dans sa valise. Il en retira enfin un paquet de cigarette. Il s’en grilla une. Il paraît que ça détend. Il n’y croyait pas. Mais ça l’occupait. Le balai ne broncha pas, et sa grimace n’en fut qu’affermie.
Continuant sa route en regardant les autres passants d’un air suffisant, chose qu’il n’eut jamais fait si on l’en croit dire, il aperçut une foule. Il ne croyait pas que ce soit une manifestation.
L’homme avança. La foule était comme hypnotisée, tels des morts tenant debout. Au centre se trouvait….un magicien !
L’homme grogna. Le balai lui faisait mal. Il s’était crispé : encore un de ces salopards de charlatans !
Et cette foule silencieuse, omnibulée. Il n’en croyait pas ces yeux.
Il regarda autour de lui, plus une voiture dans le trafic. Les pigeons sur les toits ne sifflaient mot, le regard éternellement fixé sur le magicien. C’était incroyable.
Le feu resta coincé au rouge. Comme si un quelconque enchantement était à l’œuvre.
Non ! C’était impossible voyons ! Le feu était seulement lent à revenir au vert, ou encore avait-il rencontré un problème technique.
Comme si lui, un aussi éminent homme d’affaire, allait se laisser berner par un concours de circonstances aussi minable ! Ceux qui y auraient cru sont pathétiques, pensa-t-il.
L’homme s’apprêta à reprendre sa route, mais le magicien l’observait. Son regard était braqué sur lui, tel un laser sur sa cible.
L’homme tressaillit. Puis il se reprit, et claqua des dents. Il faisait près de quarante degrés à l’ombre, mais il se persuada qu’il avait froid. Le regard de ce charlatan sans avenir n’avait pu le faire tressaillir.
Il braqua lui aussi son regard dans celui du magicien. Et il tressaillit à nouveau.
Décidément, le mois d’août était bien plus frais qu’il n’y paraît !
Bon ! Il devait partir ! Après tout, si ce charlatan avait du temps à perdre, lui était un homme occupé ! Il avait bien quatre rendez-vous importants juste dans cette fin de journée !
Il s’apprêta à faire son premier pas lorsque le magicien entama lui aussi un mouvement.
Il traversa la foule. Les spectateurs, toujours immobiles et silencieux, ne cillèrent même pas, fixant un point invisible à ses yeux.
L’homme ne comprenait pas. Dans quel rassemblement de secte était-il tombé ? Tous ces gens qui semblaient se croire en transe. Il eut soudain un accès de panique. Après tout, un charlatan comme celui qui s’avançait pouvait être dangereux, surtout s’il s’agissait du gourou d’un quelconque rassemblement de fous !
Mais il fut incapable de bouger. Non, il ne voulait pas réellement bouger, se dit-il, car pourquoi n’aurait-il pas pu bouger ? Ce serait ridicule.
Le magicien se trouvait à présent à sa hauteur.
« -Bonjour, étranger.
-Il y a méprise, je suis d’ici, je…
-Vraiment ?
-Oui !
-Je ne vous crois pas !
-Et qu’est-ce qui vous fait dire ça !
-N’est-ce pas ce que vous dites tout le temps à tout le monde ?
-Ainsi ; vous me connaissez !
-Non !
-Je ne vous crois pas !
-Vous voyez ! »
L’homme se renfrogna. Le magicien sourit. Qui était donc ce fou !
Dans quel pétrin s’était-il fourré ?
« -Vous pensez que vous pouvez m’aborder ainsi et vous moquer ? Mais je suis un homme d’affaire, qu’est-ce que vous croyez ?!
-Je crois beaucoup plus de chose que vous, mon cher, ce qui fait notre différence.
D’ailleurs, croyez-le ou nom, j’ai déjà dîné avec l’Inexistant.
-Balivernes !
-Et comment ! Même qu’il s’agissait de ma grand-tante Olga !
-Mais ce n’est pas l’Inexistant si c’est votre grand-tante Olga !
-Vous commencez à réfléchir mais il faudrait passer le balai dans vos méninges plus couramment, ça reste un peu mou !
Sachez que je n’ai pas de grand-tante Olga, donc j’ai bel et bien dîné avec l’Inexistant !
-Vous voulez dire que vous avez dîné tout seul…
-Oh non ! Nous nous sommes même bien amusé !
-Vous êtes fou à lier mon pauvre homme !
-Pas du tout ! C’est vous qui êtes minable !
-Vous m’excuserez, mais je n’ai pas besoin d’un homme qui rit tout seul pendant qu’il dîne pour me tenir compagnie ! Au revoir !
-C’est encore une chose qui nous différencie ! Je peux rire seul ! Pas vous !
Partez donc ! C’est moi qui n’ai pas besoin de vous ! Pas le contraire ! »

L’homme s’en alla, laissant le charlatan seul.
Durant les jours qui suivirent, le magicien hanta ses rêves et ses pensées, jusqu’à le persuader.
Après tout, pourquoi pas ? se dit-il ! La journée avait été mauvaise. Les affaires furent minables, et il avait embouti la voiture.
L’homme éclata de rire. C’était facile. C’était enivrant ! Il continua à rire ! Et encore ! Encore ! Il y prit goût ! Et ne s’arrêta pas tant sa soif de bonheur était grande. Depuis combien de temps n’avait-il pas été vraiment heureux ! Il devait rattraper tout ce temps !

L’homme fut transporté d’urgence en centre psychiatrique et interné.
Un médecin expliquait à un autre :
« -Il est devenu complètement fou ! Il rit tout le temps. Sans s’arrêter, on se demande comment il respire ! Il parle d’une foule hypnotisée, et d’un homme qui lui avait ouvert les yeux. Il dit qu’il a enfin perdu son balai et qu’il était temps ! Vraiment taré !
-Vous l’avez interné ?
-Oui, monsieur. C’est fait !
-Parfait. »
Le médecin se retira. L’autre ne bougea pas, et leva les yeux au ciel. Un costume de charlatan dépassait de son sac mi-ouvert.
Il eut un sourire étrange.
« Aahh ! Plus que cinq, ma chère Olga ! Plus que cinq, et j’aurais enfin gagné notre pari ! »



FIN
 

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